L’Ange d’Albert

2019-02-27
Jour anniversaire du décès de mon père qui se prénommait, Ange-Albert.

La photographie, ça sert aussi à cela : se souvenir.

En fait, pour la plupart d’entre nous il s’agit essentiellement de cela, de garder des souvenirs des jours qui passent et des gens qui nous accompagnent tout au long d’eux, et de pouvoir revisiter le passé.

J’ai peu d’images de mon père. Il était assez insaisissable, toujours sur une patte ou sur l’autre, toujours en ‘steppettes’, difficile à arrêter; il était animé d’une énergie folle, vive, celle des gens ‘nerveux’, comme l’énergie de son clan des Archambault.

 

Archambault, le barbier. L'Assomption (circa 1950).

C’était un homme travaillant et un infatigable farceur! Toute la journée, sa ‘barber shop’ était pleine d’hommes; chaque client avait sa coupe de cheveux et, en prime, sa dose de bonnes blagues et de rigolade!

Ange-Albert avait un grand coeur sensible et des mains agiles! C’était incroyable le nombre de coupes qu’il pouvait faire dans une journée. Et il n’en ratait pas une! S’il n’était pas affairé dans son salon de barbier, il travaillait aux nombreuses tâches que requiert l’entretien d’une maison familiale et d’une maison de chambres. Je l’entendais dire souvent à la blague: “… Oh… j’ai trente-six métiers, trente-six misères!” Mon père travaillait sans retenu pour que nous ne manquions de rien, du matin au soir.

Mais il savait aussi se détendre. Et parfois un peu trop!… Pour faire rire, il n’avait pas peur du ridicule et poussait parfois exagérément la farce à la façon d’un ‘inspecteur Clouseau’ jusqu’à ce que l’enfant ou l’adolescent que j’étais veuille fondre dans le décor…

Malgré l’inconfort provoqué par ses comportements parfois trop loufoques, j’ai tout de même bénéficié de son profond goût de vivre manifesté au quotidien par le plaisir de rire, de chanter, d’avoir du fun, de célébrer la Vie! La maxime : « si tu ne vaux pas une risée, tu ne vaux pas grand’chose » prenait tout son sens plus souvent qu’autrement! Et, était presque salutaire en ces années de deuil. Plus sérieusement, j’ai surtout hérité des multiples talents qui, j’en suis sûr, me viennent en bonne partie de lui; et combien de fois je me suis retrouvé à le remercier intérieurement pour mes réussites et la satisfaction de bien faire les choses.

Bébert à son meilleur !

Ces deux images révèlent deux facettes de sa personnalité. Celle ‘désopilante’ de celui que rien n’arrêtait pour faire rire; et celle d’un homme, d’un père confronté au deuil, à l’absence, à sa part imposée d’ombre… Dans les deux cas, le regard que je porte aujourd’hui sur ces photographies me rappellent toute sa résilience, son ‘hommanité’ face à un monde qui, sachons-le, pour tous et peu importe l’époque, peut s’échapper sous nos pieds sans crier gare…

On n’échappe pas au regard du photographe.
Vaut mieux s’y abandonner.

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    1 comment

  • Josiane 2019-03-02
    Reply

    Eh bien que de souvenirs évoqués …
    *tout en douceur et avec coeur*
    assurément *l’ange Albert* est près de toi et veille sur toi en ce moment et t’encourage à libérer *le génie* de la bouteille!!!!
    C’est un très bel hommage que tu lui rends et il t’en est très *recon…*naissant*..
    *paix à son âme…
    de bonne volonté*
    *tu peux dormir…. en paix*
    Merci de nous partager ce bel hommage
    j’attends *la suite* avec impatience!

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